Les socles de compétences, formation historique, ainsi que le programme d’Etude du Milieu, n’indiquent pas tel quel que la critique historique est abordée et travaillée au 1er degré.

Cependant, sous l’item « exploiter des sources historiques », c’est bien la 1ère étape de la critique que les élèves doivent apprendre.

Céline Demoustier | Sciences humaines

1.Qu’est-ce qu’un document original ou un document reconstitué ?

  • Document original : document de première main, qui n’a subi aucune modification à exemple : grotte de Lascaux, …. Il peut cependant s’agir d’un extrait d’un document.
  • Document reconstitué : document qui a subi une intervention humaine à exemple : document faisant la synthèse de plusieurs documents, reconstitution, croquis, plan, copie grandeur nature, dessin,…

Remarque : Il est à noter que la traduction d’un document ne devra pas être assimilée à une modification du document pour l’apprentissage en secondaire.

2. Qu’est-ce qu’un fait, une opinion ?

  • Fait : ce qui est avéré, indéniable, vérifiable, objectif. C’est ce qui existe, c’est la réalité ou ce qui est démontré, c’est un acte, un événement, des chiffres, …
  • Opinion : avis personnel, jugement, basé sur un sentiment, une impression. L’utilisation d’un vocabulaire orienté relève également d’une certaine subjectivité.

Attention, il s’agit bien ici d’initier les élèves à la fiabilité de témoignages, apprentissage historien, et non d’une démarche d’analyse linguistique, apprentissage lié au cours de français.

3. Qu’est-ce qu’un témoin, un spécialiste ?

  • Témoin : personne qui a vécu, vu ou participé aux faits dont on parle. La référence peut donner des informations sur la/les personnes tenant les propos : soit par ses qualités (habitant de, ouvrier de, enseignant, …), en indiquant clairement qu’il s’agit d’un témoignage, …
  • Spécialiste : personne qui a des connaissances et/ou des compétences approfondies dans le domaine étudié. Sa formation, son diplôme ou sa fonction peuvent faire de lui ou de l’organisme un spécialiste du sujet.

Il est à noter qu’un auteur peut être en fonction de l’objet ou la question de recherche (OR) témoin ou spécialiste :

Exemple : un chef d’industrie drapière sera un témoin des conditions de travail des ouvriers sous ses ordres, mais pourra être considéré comme spécialiste du processus de production de son industrie. Donc, la réponse témoin/spécialiste dépendra de l’OR donné à l’élève.

4. Conditions de réalisation de «la lecture et l’exploitation d’une source historique » au cours d’EDM :

  • La référence est complète. Ne pas oublier les dates de production et/ou de consultation pour un site web
  • L’auteur est identifié. Ses qualités sont brièvement explicitées
  • Le dossier documentaire est varié. Les documents sont de natures différentes
  • L’objet de recherche doit être énoncé à l’élève de manière précise : thème-temps-lieu.
    • Les documents sont simples, courts, sans ambigüité et utiles (non illustratifs, distracteurs)

5. Démarches mentales :

  • Distinguer le corps du document du paratexte (référence bibliographique, notice explicative, légende, …)
  • Identifier l’auteur du document et ses qualités à savoir lire une référence bibliographique, en connaître les composantes
  • Quelle(s) information(s) ai-je concernant l’auteur ?
  • Le contenu du document me donne-t-il des indices concernant l’objectivité (« je », « nous », ton, … vs fait, distanciation, argumentation, explicitation, …) de l’auteur du document ?

6. Voici des exemples de questions abordant l’exploitation de sources historiques :

Dans les évaluations du réseau :
2015 : Diest – doc p.2 du Carhop (spécialiste)
2016 : Herbeumont – Q2 b,c, Q3
2017 : Trèves/Provins : Q24,25,27, et Q28
2018 : St Denis – Q33 + doc page 5 (témoignage), Q42
2019 : Calais – Q43, Q44, Q48 et 49
2020-21 : Guise – Q43 à Q47
Dans les évaluations externes non certificatives :
2015 : doc 21 à fait/opinion2012 : /2009: /
Dans les outils d’évaluation inter réseaux : /