Cette année, encore plus que les autres, l’évaluation des éléments les plus importants pour poursuivre la formation ou pour atteindre ses finalités mérite une attention particulière.
Pour différents cours, des supports ont été publiés pour vous aider dans ce travail.
Conformément à chaque programme, il s’agit, pour chaque année, d’une page sur laquelle les éléments essentiels qui sont attendus au terme de l’année sont listés.
Pour la formation géographique, 3 rubriques
Les tâches
Ce que l’élève doit être à même de réaliser en autonomie en mobilisant implicitement les savoirs et savoir-faire nécessaires (compétences). Sur la version numérique du programme, par exemple à l’adresse https://fesec.scienceshumaines.be/geo-programme/#4e , chaque tâche est complétée par des critères de qualité qui peuvent servir de base pour la construction de la grille d’évaluation.
Les savoirs (déclaratifs)
Pour chaque savoir, une ou deux tâches attendues sont indiquées dans le programme. Par exemple, quand il est écrit « L’élève connait la répartition spatiale des principaux espaces peuplés et peu peuplés aux échelles mondiale et continentale », les tâches suivantes sont attendues : « L’élève peut représenter schématiquement les principaux espaces peuplés et peu peuplés sur une carte vierge et les nommer. » et » L’élève peut localiser et nommer les principales aires urbaines figurées sur une carte ».
Les savoir-faire
Pour chaque savoir-faire, la liste des éléments qui peuvent être attendus est précisée. Tous les éléments d’un même savoir-faire ne doivent pas nécessairement être évalués au même moment. Par exemple, pour le savoir-faire relatif à la construction d’une représentation cartographique, il est attendu au final que l’élève puisse déterminer un titre (nominaliser l’information); … indiquer l’échelle; … indiquer l’orientation; …construire une légende; … indiquer les sources; … choisir le type de figuré adapté à l’objet cartographié (point/ligne/surface); … adapter la hiérarchie des figurés (taille/couleur et intensités). Lors de l’évaluation de ce savoir-faire, il peut être décidé de n’évaluer que l’élément « … choisir le type de figuré adapté à l’objet cartographié (point/ligne/surface); «
* En 2020-2021, le service général de l’Inspection, sur demande de la Ministre, recommande de privilégier toutes années confondues, les compétences de critique et de synthèse, ces deux compétences étant actuellement les seules retenues alternativement pour les épreuves externes à la fin du cursus (CESS).
Les savoir-faire transversaux
Uniquement les savoir-faire essentiels à l’apprentissage de ces deux compétences.
Il ne faut pas évaluer toutes les éléments indiqués en fin d’année. D’autres évaluations ont eu lieu en cours d’année.
Il faut s’assurer que la majorité des items ou des questions de l’évaluation de juin trouvent leur place dans le tableau synoptique. Les éléments qui n’y trouvent pas explicitement leur place sont de l’ordre du dépassement.
Ce document peut également servir de rapport des compétences (notamment dans le cadre de la CPU) pour faire le bilan des acquis au terme d’une année et/ou lister les éléments non acquis en vue d’une remédiation. Ce support peut faciliter les échanges lors du conseil de classe.
Face à une crise, certaines personnes proposent des pistes de réponses ou mettent en application des solutions innovantes. Il en a été de même au XIXe siècle face à la question sociale. On les a nommés les socialistes utopistes. Jean-Baptiste-André Godin, fondateur de l’usine éponyme, fut de ceux-ci.
L’objectif de cette situation d’apprentissage n’est pas de faire des élèves des spécialistes de J.B.-A. Godin ou de son familistère, mais bien d’exercer les apprentissages liés à la critique historique sur la base d’une organisation sociale et économique particulière du XIXe siècle.
2. Documents
Remarque : les documents 5 et 6 du corpus présenté ci-dessous sont relativement longs pour une analyse individuelle. L’enseignant pourra soit en proposer des extraits ou en faire une analyse collaborative.
Vue interactive du Familistère réalisée par la BNF sur la base de la vue du Familistère extraite de J.B.-A. Godin, Solutions sociales, 2e édition, Paris : A. Le Chevalier, 1871.
Charité usuraire, dans La Croix, 18 janvier 1888, p.1, consulté le 11 mai 2021.
Fernand XAU, Le familistère de Guise, dans Gil Blas, 18 janvier 1888, pp.2-3, consulté le 11 mai 2021.
Edmond Noël, Une visite au familistère de Guise, dans Bulletin du syndicat des employés du commerce et de l’industrie, n°65, Paris, septembre 1899, pp.1-4, dans gallica.bnf.fr, consulté le 19 mai 2020.
BNF ou Bibliothèque Nationale de France : la BnF rassemble le patrimoine documentaire national français, le conserve et le fait connaître. Elle a pour mission de collecter, conserver, enrichir et communiquer ce patrimoine. La bibliothèque le communique et le transmet via notamment ses sites internet dont des sites pédagogiques et/ou thématiques comme classe.bnf.fr ou passerelles.bnf.fr qui proposent en plus de ses œuvres des analyses contextualisées de celles-ci.
Jean-Baptiste André Godin (1817-1888) : ouvrier devenu industriel français, il est le fondateur des usines Godin produisant (encore aujourd’hui) des poêles et casseroles en fonte. Issu d’une famille modeste, il quitte l’école vers 12 ans. Après avoir découvert les théories de Charles Fourier, il transfère sa petite fonderie en 1846 à Guise, et la développe. Conscient de la question sociale, il est sensible à la redistribution des richesses industrielles par l’amélioration des conditions de vie des ouvriers. Dans ce sens, il créa le Familistère ou palais social en 1859.
La Croix : quotidien français de droite catholique fondé en 1883 (mensuel de 1880 à 1883) par une congrégation religieuse catholique. Les questions religieuses et sociales sont au cœur de son travail, mais est aussi connu aujourd’hui pour la qualité de sa couverture politique.
Le moine : pseudonyme d’un journaliste non identifié
Fernand Xau (1852-1899): journaliste français fondateur du quotidien Le Journal. Il est spécialisé dans l’interview, il se rendra célèbre avec celle d’Emile Zola en 1880.
Jessica dos Santos : agrégée d’histoire, doctorante en histoire contemporaine de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3. Elle est l’auteur d’une thèse intitulée « L’utopie en héritage. La Société du familistère de Guise, de la mort de Jean-Baptiste Godin à la dissolution de l’association (1868-1968) », soutenue en septembre 2013.
Erudit.org : Depuis 1998, ce consortium inter-universitaire canadien et sans but lucratif, par sa plateforme, offre l’accès à plus de 150 revues de sciences humaines et sociales.
Bulletin du syndicat des employés du commerce et de l’industrie : créé en 1887 par Jean-Baptiste Giraudias, ce syndicat chrétien est devenu aujourd’hui la CFDT. Ce syndicat se développera fortement entre 1890 et 1914 passant de 250 à 10 000 adhérents. La publication de ce Bulletin du syndicat des employés du commerce et de l’industrie débutera en 1890.
3. Consignes
Tu cherches à rassembler des documents pertinents et fiables afin de savoir si le familistère de Guise est un modèle d’égalité sociale. Pour cela, parmi les documents ci-dessus :
Justifie de manière complète, pour chacun des documents, la pertinence ou non du document;
Pour l’ensemble des documents pertinents, énonce au moins deux raisons de faire confiance et deux raison de se méfier :
4. Exemple de production(s) attendue(s)
Tu cherches à rassembler des documents pertinents et fiables afin de savoir si le familistère de Guise est un modèle d’égalité sociale. Pour cela, parmi les documents ci-dessus :
Justifie de manière complète, pour chacun des documents, la pertinence ou non du document;
Le document 1 est pertinent, car il présente le site du familistère de Guise. Cette présentation énonce quelques éléments permettant d’aborder l’égalité sociale à travers les bâtiments du familistère.
Cet article est pertinent. En effet, il date de l’époque et concerne le familistère de Guise. La lecture de l’article permet de relever des éléments permettant d’alimenter la réflexion autour du familistère comme modèle d’égalité sociale.
L’article est pertinent pour les mêmes raisons que celles du document 2
Document 4 : Ce document n’est pas pertinent. En effet, il décrit le bâtiment du familistère de Laeken et non de Guise. Même s’il s’agit également d’un familistère créé par Godin, il ne s’agit pas d’une œuvre aussi aboutie que celle de Guise.
Document 5 : Ce document est pertinent, car il concerne une visite au familistère de Guise au 19e siècle. Ce témoignage relève notamment des apports de Godin aux conditions de vie et de travail des ouvriers.
Document 6 : L’analyse de Jessica Dos Santos concerne le familistère de Guise et ce que Godin met en place comme organisation sociale.
Pour l’ensemble des documents pertinents, énonce au moins deux raisons de faire confiance et deux raison de se méfier :
Documents
J’ai confiance car …
Je me méfie car …
1
Le document a été réalisé par la BnF dont l’objet est la conservation, valorisation et communication de son patrimoine.
2
Le journaliste écrit sous un pseudonyme qui, même a postériori, n’a pu être identifié.
Il s’agit d’un périodique catholique alors que l’oeuvre de J.B.A. Godin était visiblement athée ou laïque (absence d’église ou de chapelle au familistère). Discours clérical et lexique dénigrant vis-à-vis de Godin et du familistère : « les oeuvres ont eu un triste retentissement », « millionnaire matérialiste », « cher à tous les sans Dieux », « exploitant les hommes », « prison morale … affranchis de tout culte », …
3
Le journaliste appuie son article sur des faits (dates, chiffres, …) et sur des extraits d’écrits du familistère.
Bien que certains passages de l’article soient nuancés, l’auteur utilise un vocabulaire orienté en faveur de l’œuvre de Godin (« nom vénéré de tous », « a rendu d’immenses services », « philanthrope », « fameux familistères », « homme simple », …)
5
Il s’agit d’un témoignage d’une personne qui a pu visiter le familistère de Guise au XIXe siècle.
Certaines parties du témoignage sont nuancées : « des améliorations peuvent être apportées, mais les ouvriers ont l’air de sentir chez eux ».
Ce témoignage est publié dans un bulletin du syndicat de l’industrie qui par définition défend le bien-être des ouvriers.
On retrouve dans son contenu un lexique orienté, flatteur concernant le familistère (« belle œuvre », « justice sociale », « honneur à ses ouvriers », …
Il s’agit d’un syndicat chrétien, ce qui se ressent dans certaines questions posées : « à quel degré d’idéal s’élève l’âme des ouvriers? rien, dans l’œuvre de Godin, ne me semblait répondre à cette question »
6
Jessica Dos Santos est une spécialiste du sujet. En effet, elle est docteur en histoire contemporaine et le familistère de Guise est au cœur de sa thèse de doctorat.
Son article est muni d’une bibliographie variée de documents d’époques, mais aussi actuel. De documents de J-B Godin, mais aussi d’autres contemporains.
savoirs : paternalisme, question sociale, condition de vie des ouvriers au XIXe siècle, syndicat, …
savoir-faire : justifier la (non-)pertinence d’un document, rédiger des raisons de faire confiance ou de se méfier, sélectionner des informations
6. Exemple de grille d’évaluation des apprentissages et des acquis
La pondération est fonction du niveau de l’apprentissage.
Éléments évalués
Critères de qualité
Pondération
Critiquer un corpus documentaire
La pertinence de chaque document est exacte et correctement justifiée
0-1-2 (x6)
-2 raisons de faire confiance sont énoncées, exactes et justifiées ;
-2 raisons de se méfier sont énoncées, exactes et justifiées.
0-2-4 (x2)
0-2-4 (x2)
7. Piste(s) pour le transfert et/ou l’évaluation des apprentissages
La critique de fiabilité peut-être réalisée sur toute autre sujet.
-La fiche 105 du manuel Construire l’Histoire, Tome III : l’Europe dans le monde : expansion et révolutions (de la fin du XVIIIe siècle à 1918, Erasme, Namur, 2005.
Migration, mondialisation, développement et développement durable
Quatre concepts* transversaux au programme de la formation géographique.
* Ensemble de caractéristiques propres à une catégorie d’objets, d’événements permettant d’organiser la connaissance, c’est-à-dire de classer un nouvel objet jamais rencontré dans la catégorie auquel il appartient ou hors catégorie. Bouhon M. et Dambroise C., Évaluer des compétences en classe d’histoire: élaborer une problématique et communiquer, “Lexique et Orientation bibliographique”, 2002; In Recherches en éducation [en ligne], Le portail de l’enseignement en fédération Wallonie-Bruxelles. [consulté le 20 juin 2014]. Disponible sur http://www.enseignement.be/index.php/index.php?page=25062
Si la formation géographique ne peut pas prétendre faire le tour de ces concepts …
… elle peut les illustrer d’une manière qui lui est propre.
La question suivante permet de montrer comment la géographie permet d’exemplifier ces concepts:
Comment les espaces sont marqués par la mondialisation, par la migration, par le développement et par le développement durable ?
Ou comment la mondialisation, la migration, le développement ou le développement durable marquent les espaces ?
Il faut donc observer l’occupation du sol, son évolution ou une répartition spatiale pour conceptualiser
Conceptualiser revient à être à même d’illustrer par des exemples et des contrexemples
Usages de l’eau à Phoenix
Pour illustrer le concept de développement durable
La vue oblique extraite de Google Earth illustre une Marina construite en plein désert, tout comme la ville dont l’aire urbaine compte plus de 11 millions d’habitants. Un contrexemple d’usage raisonné de l’eau et de développement durable.
L’irrigation en Arabie Saoudite
Pour illustrer le concept de développement durable
Des milliers de champs circulaires (irrigation par pivot central) en plein milieu du désert sur plus de 500 km. L’eau est prélevée dans les nappes fossiles qui se sont formées dans un contexte climatique différent voilà des milliers d’années.
L’extraction des hydrocarbures au Texas
Pour illustrer des concepts tels que la mondialisation (ses effets sur un territoire), le développement ou le développement durable
Des milliers de forages (points blanc) reliées par des pipelines sur des centaines de kilomètres
Evolution de Las Vegas entre 1984 et 2020
Pour illustrer le concept de développement (périurbanisation) ou de développement durable (effets sur le niveau du lac)
Las-Vegas – Développement urbain
Pour illustrer le concept de développement (ségrégation sociospatiale)
Le phénomène de périurbanisation met en évidence comment les espaces urbains sont de plus en plus isolés les uns des autres, contrairement à une organisation en damier ou radioconcentrique. Chaque rue est un cul de sac.
Singapour – Développement du port pour les containers entre 2002 et 2019
Pour illustrer le concept de mondialisation (ses effets sur un territoire)
Un objet présente un intérêt du point de vue géographique dès lors que sa distribution spatiale n’est pas homogène. Les exemples mobilisés dans la suite du texte sont donc choisis parce qu’ils n’ont pas une répartition spatiale homogène!
→ Continuités/discontinuités spatiales
Si un objet ne se distribue pas de manière uniforme sur un territoire, la description de sa répartition spatiale vise à mettre en évidence des espaces où il est plus ou moins présent. Dans certains espaces, cette présence ou cette absence présente une certaine continuité. À certains endroits, la présence de l’objet varie brusquement comme s’il était face à une barrière. À l’image de ce qui est fait en histoire où l’inscription dans le temps s’attache notamment à mettre en évidence des permanences et des ruptures, l’inscription dans l’espace s’attache notamment à mettre en évidence des continuités et des discontinuités.
À titre d’exemple, la carte de la répartition de la population à l’échelle d’une partie de l’Asie met en évidence des espaces qui se distinguent des autres où la densité de la population est particulièrement élevée et d’autres où elle est particulièrement faible. C’est le cas par exemple au nord de l’Inde ou au nord-est de la Chine.
À titre d’exemple, la même carte met en évidence ce qui ressemble à une barrière vis-à-vis de la présence humaine. C’est par exemple le cas au nord de l’Inde.
Les bons mots pour le dire – Utiliser des repères spatiaux pertinents
Les mots utilisés pour situer ces deux exemples de continuités spatiales et cette discontinuité spatiale doivent être plus précis. Comme c’est exprimé plus haut, cela ne permet pas à quelqu’un qui n’a pas la carte sous les yeux de se les représenter avec suffisamment de précision.
En y regardant de plus près (changement d’échelle) et en sélectionnant d’autres composantes de l’espace, l’élève observe que la forme dessinée par la continuité au NE de la Chine correspond à une plaine alluviale occupée par deux grands fleuves : le Huang Hé (Fleuve Jaune) au Nord et le Yangtsé (Fleuve Bleu) au Sud. Il observe que l’espace densément peuplé repéré en Inde se situe dans la plaine alluviale du Gange et du Brahmapoutre (une grande partie du Bangladesh), que l’espace densément peuplé au Pakistan suit la vallée de l’Indus. Il observe que la rupture au nord de l’Inde se situe au contact entre la plaine du Gange et le massif himalayen.
Ces repères sont donc pertinentspour caractériser les trois éléments puisqu’ils permettent de se faire une représentation des espaces dont il est question: trois espaces densément peuplés ont été identifiés dans la vallée du Gange et du Brahmapoutre au nord de l’Inde et au Bangladesh, dans la vallée de l’Indus à l’est du Pakistan ainsi que dans l’immense plaine alluviale du Huang He et du Yangtsé au nord-est de la Chine. La brusque diminution de la densité de la population au nord de l’Inde correspond à la ligne de crête au sud du massif himalayen.
Les bons mots pour le dire – Utiliser des cas de référence
Les fortes et faibles valeurs étant des notions relatives, il est nécessaire de les situer par rapport à des cas de référence. Par exemple, pour caractériser l’espace de forte densité au NE de la Chine, l’élève peut utiliser l’estimateur de population du SEDAC pour indiquer qu’il s’étend sur environ 555.000 km² (18 fois la Belgique) et compte environ 450 millions d’habitants en 2020 (40 fois la population belge)!
La question suivante permet de mobiliser la connaissance du concept géographique de continuité/discontinuité spatiale: « Comment se répartit un objet étudié* sur un territoire? Quel(s) élément(s) de l’environnement** permet(tent) de caractériser des espaces de plus forte ou de plus faible présence ainsi que les ruptures en termes de répartition?«
*Les principaux objets étudiés: les risques en 3e année, l’accès à l’eau et la nourriture en 4e année, l’accès aux énergies et autres matières premières en 5e année et l’accès aux fonctions en 6e année.
**L’environnement est l’ensemble des éléments naturels et humains qui entourent un individu ou un groupe qui peuvent interagir entre elles et sur l’individu ou le groupe (milieu de vie).
L’expression de ces continuités et ces discontinuités spatiales est à la base du questionnement géographique. Pourquoi la population est-elle répartie de cette façon? Quels éléments permettent de comprendre de fortes concentrations ou un brusque changement spatial? … La curiosité géographique se travaille en grande partie à ce niveau.
En cherchant les bons mots pour exprimer ces continuités et ces discontinuités, notamment les repères pertinents et des cas de référence, l’élève identifie déjà des clés pour répondre à ses questions (voir concept suivant).
→ Atouts/contraintes spatiales ou l’influence de l’environnement* sur les activités humaines.
*L’environnement est l’ensemble des éléments naturels et humains qui entourent un individu ou un groupe qui peuvent interagir entre elles et sur l’individu ou le groupe (milieu de vie).
La mise en évidence de contraintes (ou d’atouts) de l’environnement vis-à-vis d’une activité humaine se met plus facilement en évidence à partir de l’observation d’une activité à une échelle locale.
Un exemple à une échelle locale
La vue ci-contre est extraite du support numérique qui accompagne le GEO84 publié par la FEGEPRO. Ce support est accessible ICI.
Illustrer une contrainte
C’est un des bâtiments du plus grand champ pétrolier d’Amérique du Nord (86 418 ha). Contraintes : du fait du permafrost, l’occupation du sol est caractérisée, à ces latitudes, par des dispositifs qui limitent le contact entre les infrastructures et le sol afin d’éviter l’enfoncement ou la détérioration de ces infrastructures (par la fonte du permafrost).
La mise en évidence de contraintes (ou d’atouts) de l’environnement vis-à-vis d’une activité humaine se met plus facilement en évidence à partir de l’observation d’une activité à une échelle locale. C’est possible aussi en partant du global au local (zoom).
Un exemple en effectuant un zoom pour observer l’occupation du sol à l’échelle locale
En superposant la carte politique, du relief et de l’hydrographie à la carte de la population, l’élève a identifié un lien entre l’occupation des espaces et le relief. Dans le cas observé, il peut émettre l’hypothèse qu’une plaine alluviale facilite les activités humaines et donc l’occupation du sol à cet endroit. À l’inverse, il peut émettre l’hypothèse que le relief est trop contraignant pour des activités humaines à un autre endroit.
En changeant d’échelle jusqu’à l’identification de l’occupation du sol (zoom), il vérifie la pertinence ou non de ses hypothèses.
À titre d’exemples, les deux observations repérées sur la vue verticale ci-dessous et le profil du relief associé (réalisation avec Google Earth).
Dans le cas de la plaine du Gange, l’élève observe une occupation du sol dominée par des cultures sur des parcelles rectangulaires de petite taille (quelques ares à moins d’un hectare) qui découpent l’espace de manière irrégulière. Tout l’espace est plat et est mis à profit pour l’agriculture (qui domine l’occupation du sol) et l’habitat est concentré en ilots denses (pas ou peu de dispersion dans la campagne). Un relief plat et une eau en abondance facilitent le développement de l’agriculture (atouts).
Dans le cas du contrefort de l’Himalaya, même là où l’altitude n’est pas très importante (moins de 1000 mètres sur l’avant-plan de l’observation), l’élève observe des versants avec de fortes pentes. Seuls les fonds de vallées sont mis en valeur pour l’agriculture. C’est la forêt qui domine l’occupation du sol. Les pentes compliquent le développement de l’agriculture (contraintes).
La question suivante permet de mobiliser la connaissance du concept géographique d’atouts et de contraintes spatiales: « Quels éléments de l’environnement* (naturel et humain) facilitent ou compliquent une occupation du sol ou un aménagement spécifique?«
Éviter toute forme de déterminisme
La relation entre l’occupation du sol et le relief ne peut pas être généralisée à partir des deux exemples ci-dessus. À l’échelle des deux premières cartes, on distingue des espaces qui semblent ne pas s’accorder avec cette relation : au nord du massif himalayen, où la population est quasi inexistante, le relief est peu accidenté alors que des reliefs semblables ailleurs sur la vue sont densément peuplés. D’autres contrexemples peuvent s’observer dans le milieu intertropical notamment dans le cas du bassin de l’Amazone ou du fleuve Congo.
C’est en multipliant les exemples et les contrexemples que l’élève développera sa capacité à nuancer ses propos et à éviter des conclusions hâtives face à un cas nouveau.
Comprendre la complexité
Il développera aussi le réflexe de faire progressivement appel à des composantes de l’espace variées en se souvenant que dans l’un ou l’autre cas observé, des composantes spatiales différentes avaient été retenues pour comprendre une répartition spatiale.